Déchets

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Note sur une discussion avec un spécialiste des déchets. Comme à mon habitude, rédigé à la première personne.

J’ai été pas mal impliqué dans la gestion déchets dans ma région. La gestion des déchets change, leurs volume augmente et va continuer à s’accroitre considérablement, explications :

Des filières de traitement des déchets sont en place, d’autres naissent et se développent. Nous sommes passés en quelques années d’un traitement artisanal à une industrie de plus en plus lourde, réglementé, incontournable. Le modèle économique, s’est longtemps cherché, il est maintenant trouvé, c’est du capitalisme classique. La survie de l’entreprise de collecte, traitement, recyclage … est liée à l’augmentation du chiffre d’affaire. Le nombre d’acteurs augmente, leurs tailles et leur capital aussi. Les états encouragent cette nouvelle source d’emplois.

Cette activité ne peut pas facilement être délocalisée, donc des emplois locaux un peu partout sur le territoire. Tout parait donc parfait !

C’est oublié que pour faire fonctionner tout cela, il faut des déchets, de plus en plus de déchets, et encore des déchets.

Dans notre système économique, il n’est pas envisageable de produire, puis d’arrêter l’usine pendant un ans pour attendre que les produits s’usent. Il faut du travail tout les jours, toute l’année, tous les ans. Les industriels sont donc encouragés à faire plus d’emballage, des durées de vise plus courtes, plus de produits inutiles. Quand cela ne suffit pas, on invente des subventions, et autres avantages fiscaux pour les producteurs de déchets, sans qui la machine s’arrête. Autre élément évident mais qu’il faut citer, plus nous produisons de déchets, plus nous produisons tout court.

Le contrôle technique automobile, suivit de la prime à la casse en sont un bon exemple. L’état créé artificiellement un déchet, mets prématurément un futur VHU [Véhicule Hors d’Usage] sur le marché, fait tourner les usines, encaisse de la TVA et des charges sociales, la machine économique tourne et alimente l’industrie des déchets qui en est un maillon de plus en plus fort. Tout ceci est tellement imbriqué, que sauf révolution, il faut poursuivre la fuite en avant.

Le lait frais est maintenant interdit à la consommation, les gros industriels on gagnés, il faut  une brique pasteurisée. Un emballage qui pourra être stocké, transporté loin et les prix de gros pourront être régulés. Conséquence les producteurs n’ont plus le droit de vendre leur production localement, il faut de l’emballage, des industriels, des cotations en bourse … et des déchets, briques, palettes, films plastiques… transports, pneus, huiles de vidanges, ordinateurs, papiers….

Le réutilisable coté client est devenu inexistant. C’est quoi? He bien tout simplement prendre son panier, ces boites vides et le commerçant les rempli. Mon grand père par exemple lavait ces bouteilles de pinard avec un  goupillon,  les rangeaient dans des caisses en bois, et une fois par mois, il allait faire le plein à la cave coopérative. Ma grand mère allait chez le crémier avec sa boite d’oeuf vide. Finalement à cette époque, il n’y avait pas de déchets. Même les restes des repas profitaient au poules, cochons ou chiens du voisinage. Les déchets verts étaient empilés au fond du jardin et finissaient comme engrais l’année suivante. Corvée de poubelle, je n’en ai pas le souvenir.

Chacun d’entre nous produit directement ou indirectement, chaque jour plusieurs kilo de déchets. Que s’est il passé en quelques décennies?

Le saviez-vous? Avant les cagettes de fruits et légumes étaient renvoyées à l’agriculteur. Les boites de biscuit en fer.. on allait les remplir chez le marchand. Les bouteilles étaient en verre et on ne les jetait jamais, on en avait trop besoin pour plein de choses. … Je vous laisse compléter cette liste.

On s’est longtemps posé la question, comment protéger la nature, comment prélever moins de ressources, comment éviter la pollution. La seule réponse possible dans notre contexte économique et surtout financier, c’est d’essayer de limiter les dégâts en faisant des déchets plus propres. On sait faire des bouteilles réutilisables, il vaut mieux du plastique, jetable, que l’on va arriver à brûler de mieux en mieux pour essayer d’en faire de l’électricité tout en donnant du travail pour mettre en place des filtres pour toutes ces fumées toxiques, la collecte, le transport, le nettoyage… Il est facile de produire des voitures qui durent entre vingt et quarante ans, mais c’est du suicide économique, il vaut mieux en réduire la durée de vie, et alimenter l’industrie du déchet qui va faire de mieux en mieux. La valeur ajoutée des produits de demain sera de plus en plus dans son déchet. Un produit à durée de vie longue n’est plus envisagé depuis des décennies, dans dix ans, un produit qui ne génère pas rapidement de déchets sera un non-sens.

On produit plus, mais le contenu des poubelles est une part de plus en plus importante de la matière première. Mais je ne suis pas sûr que le bilan soit favorable à notre planète. Les déchets des déchets, ce qui n’est pas valorisé, représente finalement bien plus que les déchets avant la mise en place de la filière. Comme l’objectif de ce système est de produire toujours plus, on utilise plus de matière première « neuve » qu’avant pour le même bien ou service sur une période donnée.

De nombreuses personnes protestent contre ce système de déchets « vert ». La solution selon leurs avis : traiter le déchet à la source, c’est à dire, ne pas le produire. C’est est très simple, aucun obstacle technique ou de mise en place. C’est une sorte de retour en arrière d’un siècle, en nettement  mieux grâce à la technologie. Mais  se sont des centaine de milliers d’emplois qui son directement menacés et des million indirectement. Imaginez produire des choses durables et en plus à proximité des consommateur. Plus besoin de transports, de traçabilité, de négociants et autres intermédiaires … et surtout plus besoin d’emballage. Faut pas pousser quand même.

Ils vont même jusqu’à dire que pour le monde de la finance c’est le meilleur système, mais que pour la planète et même pour la population il serait préférable de payer les chômeurs.

Finalement la gestion des déchets peut être vue comme un impôt, obligatoire, incontournable, comme la TVA, mais qui crée directement des emplois.

 

Mais rassurez vous, nos consciences vont se porter de mieux en mieux:

C’est avec fierté que nous allons trier nos déchets pour les mettre dans des poubelles toujours plus grosse, et plus nombreuses, avec plein de nouvelles couleurs. Se faisant, nous allons créer plein d’emplois pour fabriquer toujours plus de produits, les transporter toujours plus loin et générer toujours plus de déchets qui eux aussi vont générer des emploi qui vont dynamiser l’économie et relancer la consommation et produire encore plus de déchets.

Je vous laisse réfléchir

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